On y était : la boom de The Limiñanas au (Pardon)

©Jessica Rat / 80's Babies

Clara Lemaire

Le 5 décembre 2018

Mardi 4 décembre, The Limiñanas était de retour à Paris pour y donner un concert en toute intimité au (Pardon), le bar récréatif éphémère lancé en septembre dernier par Brain Magazine. Un live électrique et hypnotisant qui en a presque fait trembler les murs. On y était, on vous raconte !

Il est 20h lorsque nous arrivons aux abords du (Pardon). Dehors, il y a déjà foule : un concert gratuit des Limiñanas, ça ne se loupe pas ! Avec leur dernier album, "Shadow People", produit par le génial Anton Newcombe – et blindé de tubes – le groupe de rock français est devenu incontournable cette année. Malgré l’attente, les privilégiés qui ont pu rentrer dans le bar ce soir-là n’ont pas été déçus.

À l’intérieur, le groupe investit la scène petit à petit et prend ses aises comme à la maison. Dans le fumoir, le spectacle a déjà commencé. L’un des guitaristes répète avec une jeune femme au visage étrangement familier…

 

C’est Emmanuelle Seigner qui – spoiler alert – va venir partager quelques chansons un peu plus tard dans la soirée. La foule s’agglutine, les lumières se tamisent, Lionel, Marie et leurs acolytes, déjà présents dans le public, n’ont qu’un pas à faire pour prendre possession de leurs instruments. 21h tapantes, le show commence.

C’est avec la très psychédélique Ouverture de leur dernier LP que The Limiñanas débute son set. Trois minutes d’instrumentale envoûtante qui hypnotise les fans en un claquement de doigts. Chauffés à bloc, les premiers rangs commencent déjà à faire des danses chamaniques à quelques centimètres des musiciens. Alors que les dernières notes d’Istanbul Is Sleepy s’achèvent, Emmanuelle Seigner monte sur scène à son tour pour chanter l’excellente Shadow People, titre sur lequel elle est en featuring sur l’album éponyme.

L’actrice, que l’on a déjà vu officier dans un groupe avec Ultra Orange (2007), n’a rien perdu de sa fougue. Muée en véritable diva du rock, elle dévore le public des yeux et pourrait faire presque de l’ombre à Blondie, qu’elle porte amoureusement sur son t.shirt. Surprise, elle restera encore un peu sur scène pour interpréter deux titres de L’Epée, le supergroupe encore très confidentiel formé avant l’été avec Marie & Lionel Limiñana et leur pote à la compote, Anton Newcombe.

Pendant une heure, le groupe va enchaîner les morceaux, tous plus efficaces les uns que les autres. Des hits indés au pouvoir puissant, celui de faire transpirer les corps et faire fleurir les slams à l'écoute de quelques notes. On retiendra notamment les magnétiques Garden Of Love et The Gift, enregistrés en collaboration avec Peter Hook de Joy Division/New Order, les trippantes Cold Was The Ground et Salvation, la groovy Tigre du Bengale, l’addictive Dimanche Bertrand Belin a gravé sa voix en studio, sans oublier la bouillante One Of Us, extraite de l’album "Traité de Guitarres Triolectiques" (avec deux -r, oui) en duo avec Pascal Comelade. Seul bémol de cette soirée, la coupure un peu abrupte du set par le staff du (Pardon), qui n’a même pas laissé le temps aux Limiñanas de faire leur rappel avec Emmanuelle Seigner qui s’apprêtait à remonter sur scène. On aimerait bien des excuses !

SETLIST :

 

Ouverture / Malamore / Istanbul Is Sleepy / Shadow People avec Emmanuelle Seigner / Dreams (L’Épée) avec Emmanuelle Seigner/ Last Picture Show (L’Épée) avec Emmanuelle Seigner / Garden Of Love / Cold Was The Ground / Salvation / I’m Dead / Tigre du Bengale / Dimanche / The Gift / Crank / One of Us / Can / Betty And Johnny

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