The Black Angels : "Toute musique devrait avoir un message"

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Clara Lemaire

13 septembre 2018

Rock en Seine, jour 3. Nous avons eu l’occasion de papoter avec les Black Angels, à la cool, à l’occasion d’une table ronde organisée par le festival. On vous raconte !

Assis dans un canapé de l’espace presse, Alex Maas (le chanteur) et Christian Bland (l’un des deux guitaristes) nous attendent. Ils ont enchaîné les interviews, mais sont assez sympa pour accorder une dernière petite discussion collective pour clôturer leur promo. Dans quelques heures, ils seront sur la scène du Bosquet.

Face à nous, ces deux géants du rock psyché reviennent d’abord sur leurs influences, les Velvet Underground, bien sûr, et surtout l’album avec Nico (celui avec la banane d’Andy Warhol) qu’ils "adorent". "C’est vraiment une très grande inspiration pour nous", explique Christian, "c’est en l’écoutant que je me suis dit un jour : 'Je veux faire ça !'Alex renchérit : “J’aime le côté sombre de cet album, des accords très simples et la voix de Nico, mystérieuse.

Sa chanson préférée ? Venus In Furs, qui a littéralement transformé sa vie. Très fan des Beatles à la base et de la gaité de leurs titres, le chanteur est passé du côté obscur avec les Velvet. "La noirceur c’est quelque chose qui nous attire en tant que groupe", poursuit-il. Se considèrent-ils pour autant comme un groupe sombre ? "De temps en temps", admet Alex, "mais nous sommes des gens très heureux ! La musique que l’on fait est cathartique."

La discussion s’oriente ensuite sur les textes des Black Angels. Les Texans aiment parfois parler politique et clasher leur belle Amérique – mais en "25 mots par chanson", pas plus –  sur fond de disto. "Toute musique devrait avoir un message. Si tu as le pouvoir de dire quelque chose aux gens, tu devrais le faire", explique Alex. Christian, lui, voit plus ça comme "un manuel de la vie sur terre, si jamais un alien arrive et qu’il n’a aucune idée de ce qui s’y passe" !

Originaire d’Austin, le groupe est très influencé par la scène musicale prolifique de la ville. Tellement, qu’il a créé il y a dix ans le Austin Psych Festival, désormais appelé Levitation Festival. Avec le succès, il s’exporte aujourd’hui un peu partout : Chicago, Vancouver et même Angers en France. "C’est fou d’imaginer comment ça a évolué depuis la première année où il n’y avait que 700 personnes. Maintenant on est à plus de 10 000 festivaliers à Austin. C’est génial !", se réjouit Christian.

Et Alex de poursuivre : "On a eu une très mauvaise année en 2016, on a dû annuler à cause de la pluie. On n’a pas de soutiens financiers, on se base juste sur les ventes des tickets, les gens viennent ou pas. Si on annule, on doit quand même payer Brian Wilson et les Beach Boys. Nous n’avons pas Coca-Cola qui nous sponsorise derrière. Faire des festivals à notre niveau est quelque chose de très risqué et très effrayant. Je ne sais pas comment on fait pour continuer ! Mais évidemment c’est parce qu’on prend un plaisir énorme à le faire. De voir les gens s’amuser et profiter, c’est notre récompense."

À la question, "Avez-vous des obsessions dans la vie ?", Alex semble un peu décontenancé. "Je préfère changer le mot obsession par intérêt…", commence-t-il par dire. Mais ne comprenant, en réalité, pas très bien la demande, il tourne autour du pot affirmant qu’il n’en a aucune. À part peut-être  la musique, évidemment. Le guitariste, lui, répond plus franchement : "le design". Étonnant !

 

Probablement un peu plus inspiré après avoir écouté son comparse, le frontman revient dans la course. "On est obsédés à garder notre groupe ensemble", finit-il par lâcher. "Ça fait quinze ans qu’on est ensemble et je n’arrive pas à y croire qu’on soit restés ensemble aussi longtemps." Leur secret ? Toujours vivre en coloc' pour garder le même processus de création. "On essaye constamment d’évoluer mais notre ADN est toujours là grâce à ça", ajoute-t-il.

Pour terminer, on leur pose LA question. Les fans vont-ils devoir attendre encore longtemps avant d’avoir un nouvel album ? Car les Black Angels semblent prendre de plus en plus leur temps entre chaque disque. Avant "Death Song", sorti en 2017, leur précédent opus, "Indigo Meadow", remonte à 2013. "Whaaaaat !", s'esclaffe Alex en faisant semblant qu’il ne s’en était pas rendu compte.

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Il nous embrouille alors en comptant aussi un EP sorti entre-temps, en 2014, et en philosophant sur "qu’est-ce qu’un album et qu’est-ce qu’un EP au final", si ce n’est de la musique. On leur dit "d’accord" pour leur faire plaisir, mais au fond de nous, nous ne sommes pas dupes. Tout comme le reste des intervenants qui ne peuvent s’empêcher de rire à leur réponse. On vous a à l’œil les Black Angels (et on vous attend) !

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