Star Wars : un phénomène intergalactique intergénérationnel

Capture d'écran © Lucasfilm

 

Jessica Rat

23 mai 2018

 

Qui, même sans être un inconditionnel de la saga, ne saurait instantanément reconnaître le revêtement doré de C-3PO, la crinière de Chewbacca, le souffle maléfique de Dark Vador, le vrombissement électrique d'un sabre laser, les première notes de La Marche impériale, ou encore certaines répliques cultissimes comme "Que la Force soit avec toi" et "Je suis ton père" ?

 

Au-delà d'un fandom geek des plus dévoués, Star Wars a, dès ses débuts dans les salles obscures en 1977, su dépasser les limites du cercle fermé qu'était alors le genre sci-fi pour s'ouvrir à un large public. Si bien que, 40 ans plus tard, l'univers intergalactique continue de faire toujours plus de fans, de 7 à 77 ans, assurant au passage une présence semble-t-il indélébile dans l'imaginaire collectif. Comment expliquer un tel phénomène ? Impossible de donner une réponse exhaustive, du moins sans en faire l'objet d'une thèse, il est. Mais quelques pistes, ne serait-ce que pour le plaisir, on vous propose d'explorer !

 

Tout un univers


Il y a bien longtemps (au début des années 70), dans une galaxie lointaine, très lointaine (Hollywood), un jeune trentenaire dénommé George Lucas, déçu de n'avoir pu adapter les aventures de Flash Gordon pour le grand écran, planche sur le scénario de son propre space opera : La Guerre des étoiles. Moins imaginatif qu'on le penserait, il s'inspire par ailleurs d'autres œuvres futuristes comme 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, Metropolis de Fritz Lang ou encore la série télévisée Star Trek, mais aussi du film de samouraï La Forteresse cachée d'Akira Kurosawa, de même que quelques classiques du western spaghetti comme Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone.

Le tout pour créer son propre monde intergalactique, passionnant, fait d'un Empire obscur, d'une Résistance résolue et de valeureux Jedi. Un univers minutieusement pensé — où chaque planète a sa place dans la galaxie, chaque peuple extra-terrestre son langage propre — qui ne cessera de s'élargir au fil des décennies et de son histoire.

Une vision du futur cinématographique

 

George Lucas n'est peut-être pas le premier à avoir imaginé une aventure chevaleresque dans l'espace, mais il mérite tout de même son titre de pionnier, ne serait-ce que pour l'esthétique folle de son Star Wars. C'est qu'il avait une vision, le jeune homme. Et c'est grâce à son entêtement, lui qui a d'ailleurs créé pour l'occasion sa propre société d'effets spéciaux, Industrial Light & Magic, qu'il peut se targuer d'avoir réussi à faire vivre au public son histoire intergalactique, avec ses vaisseaux spatiaux qui filent à la vitesse de la lumière, ses Étoiles de la Mort capables de pulvériser une planète entière et ses sabres laser plus tranchants que la lame d'un sabre. De quoi laisser les foules ébahies, les yeux encore écarquillés en sortant de la salle… Hier, comme aujourd'hui. Car, innovations technologiques obligent, s'il y a bien une chose qui ne change pas avec Star Wars, c'est ça : la promesse d'un grand spectacle.

Des personnages intemporels


Star Wars, c'est aussi des personnages forts, qui resteront à jamais ancrés dans l'Histoire du cinéma. À commencer bien sûr par le trio de choc — et (ex-)triangle amoureux : Luke Skywalker (Mark Hamill), qui incarne le rêve de tout jeune homme en tant que simple fermier destiné à devenir un véritable héros, Leia (Carrie Fisher), son pendant féminin qui, loin du simple cliché de la belle princesse, joue les badass sur le front, et bien sûr le célèbre contrebandier au charme ravageur, Han Solo (Harrison Ford), véritable bad boy avec une conscience. Viennent ensuite son acolyte poilu Chewbacca (Peter Mayhew), grand guerrier Wookie des plus attendrissants, Dark Vador, le vilain par excellence, qui en impose tant par son allure colossale (David Prowse) que par sa voix ténébreuse (James Earl Jones), Obi-Wan Kenobi (Alec Guinness, puis Ewan McGregor), indiscutablement le plus sage de tous les Jedi, Yoda (Frank Oz), petit de taille mais grand de lucidité, qui maîtrise la Force mieux que quiconque, sans oublier le duo robotique mythique formé par le craintif C-3PO (Anthony Daniels) et l'intrépide R2-D2 (Kenny Baker). Pour ne citer que les principaux…

Des thèmes socio-politico-philosophiques universels


Si la saga intergalactique touche un public si large et divers, partout dans le monde, c'est aussi parce qu'elle évoque, de manière plus ou moins évidente, des thèmes universels. D'abord les éternels concepts moraux que sont le Bien et le Mal, représentés par les côtés Lumineux et Obscur de la Force — sagesse, patience ou encore désintérêt contre jalousie, tentations, avidité. Mais aussi certains aspects historiques comme l'esclavage ou les conflits mondiaux, rappelés par cette Résistance cosmopolite qui fait face à un Empire tyrannique uniforme.

Sans compter le schéma œdipien qui règne dans la première trilogie, Luke cherchant à tuer son père tout en étant, au début en tout cas, sexuellement attiré par sa sœur. Des thèmes vieux comme le monde qui marquent le spectateur, pourtant trop épaté par les effets spéciaux et amusé par les dialogues pour s'en rendre compte à première vue.

 

Des répliques culte

 

Elle a ainsi beau évoquer, dans le fond, des sujets lourds, la franchise Star Wars reste néanmoins un exemple par excellence du divertissement hollywoodien. Et ce en grande partie grâce à des répliques entrées dans les annales du 7e art, tantôt pleines d'humour, de sagesse et même de revirement légendaire… Petit Top 6 concocté par nos soins :

Une bande originale des plus mémorables


Impossible de penser à la saga intergalactique sans entendre sa célèbre musique. Nul ne peut d'ailleurs nier le frisson d'excitation provoqué par les premières notes tonitruantes des cuivres, qui retentissent dès l'apparition du logo "Star Wars" à l'écran. C'est que, pour assurer la bande originale de son chef d'œuvre, George Lucas a fait appel à un véritable maître en la matière : John Williams — également connu pour ses travaux avec, tiens donc, Steven Spielberg. La musique d'introduction, soit le thème principal de la franchise, mais aussi des titres comme La Marche impériale de Dark Vador, tous interprétés par l'Orchestre symphonique de Londres, participent de fait au mythe, à jamais gravés dans les mémoires.

Star Wars - Thème principal - John Williams
00:00 / 00:00

Une franchise intergénérationnelle


Enfin, pour expliquer sa renommée, il faut dire que Star Wars n'est pas qu'un film culte. C'est toute une franchise, répartie sur plusieurs décennies, qui a ainsi su toucher chaque génération depuis celle des seventies. Même si on a râlé quand George Lucas a pris les manettes de sa prélogie au tournant du nouveau millénaire, et même si on a encore plus râlé quand il a donné les clés de Lucasfilm à la Maison aux grandes oreilles fin 2012, on est bien content au final d'avoir pu retrouver nos héros favoris dans de nouveaux épisodes et de pouvoir continuer à vivre cette aventure intergalactique tout au long de notre petite vie — parce que oui, au vu des objectifs de Disney, on en a encore pour longtemps ! Alors vive Star Wars, et que la Force soit avec vous !

© 2018 WeAreThe80sBabies