Les sorties du 17 avril 2019

© Le Pacte / Pathé /  KMBO

 

Jessica Rat

15 avril 2019

 

Chaque lundi, on vous propose de découvrir trois films qui feront l'actualité de la semaine. Entre blockbusters, réalisateurs de prestige ou encore coups de cœur des 80's babies, il y en aura pour tous les goûts. Place aux sorties du 17 avril.

 

El Reino, de Rodrigo Sorogoyen

 

Direction l'Espagne, pour commencer. Après Que Dios Nos Perdone (2017), le cinéaste Rodrigo Sorogoyen nous replonge dans un thriller haletant avec, à nouveau en première ligne, un certain Antonio de la Torre. Celui que vous reconnaîtrez pour ses rôles dans Abracadabra (2018), La Colère d'un homme patient (2017), ou encore plus anciennement les délicieux Amants Passagers d'Almodóvar (2013), joue ici un homme politique pris dans une affaire de corruption qui va le faire tourner en bourrique. Bienvenue dans la descente aux enfers de Manuel López Vidal.

 

Drame politico-policier au suspense aussi rare que rondement bien mené, El Reino, sorti il y a déjà plus de 6 mois chez nos voisins, semble avoir mis tout le monde d'accord sur la péninsule ibérique. Preuve en est, il a complètement dominé la 33e Cérémonie des Goyas, offrant une statuette à presque toute son équipe : le réalisateur, l'acteur principal, le second rôle masculin, les scénaristes, le compositeur, le monteur et les ingénieurs du son… Dans l'Hexagone, aussi, il a su se démarquer dans son genre, remportant le Prix de la Critique au Festival International du Film Policier de Beaune. Que d'honneurs pour un thriller, il faut dire, impeccable.

Raoul Taburin a un secret, de Pierre Godeau

 

Retour en France, le temps d'une jolie fable. Celle de Sempé, qui voit en effet une de ses bandes dessinées adaptée sur le grand écran cette semaine. Après le fameux Petit Nicolas, qu'il avait créé avec Goscinny, c'est au tour de son propre Raoul Taburin de faire du cinéma. L'histoire de ce réparateur de vélos aussi célèbre qu'adoré dans son village, qui voit soudainement sa réputation menacée lorsqu'un photographe de passage, venu immortaliser de quelques clichés les habitants de Saint-Céron, lui propose de poser pour lui, à califourchon sur sa bicyclette… Car "Raoul Taburin a un secret" : il ne sait pas faire du vélo.

 

Pour incarner le gentil imposteur, on n'aurait su trouver mieux que Benoît Poelvoorde, tout simplement parfait dans son allure, en salopette, d'homme rongé par la culpabilité et les remords. À ses côtés, Édouard Baer rempli aussi bien son rôle dans la peau d'Hervé Figoune, le photographe qui lui lance ainsi (sans le vouloir) le plus grand défi de sa vie. Quant au réalisateur Pierre Godeau, et son scénariste Guillaume Laurant, ils réussissent là où d'autres ont amèrement failli avant eux : parvenir à recréer, dans toute sa poésie et sa candeur, l'univers du dessinateur. Sempé, lui-même, approuve. C'est dire !

Working Woman, de Michal Aviad

 

Pour finir, cap sur Israël. Dans un tout autre contexte encore, dramatiquement dans l'air du temps. La réalisatrice Michal Aviad nous fait vivre avec son Working Woman le quotidien d'une jeune femme harcelée par son patron. Motivée par la réussite professionnelle, pensant avant tout à subvenir aux besoins de sa famille, Orna subit les remarques déplacées, le comportement de plus en plus intrusif et les arrières-pensées de moins en moins dissimulées de son supérieur. Elle ne dit rien, prend sur elle, et préfère même ne pas en parler à son époux. Jusqu'au jour où trop, c'est trop…

 

Dans la trace du mouvement #MeToo, le long-métrage dénonce le harcèlement sexuel au travail comme un engrenage sournois. Soit comment, par habileté dans la forme, entre amabilité, actes de générosité et premières approches soi-disant "inoffensives", une femme peut se retrouver réellement prise au piège, esseulée, face à un tel prédateur. Présenté comme un appel au combat, et passé notamment par le Festival International du Film de Toronto cette année, Working Woman est un de ces films de société percutants, à la fois alarmant et révélateur, qui s'inscrit définitivement dans une lutte d'ampleur internationale. Parce que trop, c'est trop. 

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