Les sorties du 14 au 17 mai 2019

© Universal Pictures International France / SND /  Pathé

 

Jessica Rat

13 mai 2019

 

Chaque lundi, on vous propose de découvrir trois films qui feront l'actualité de la semaine. Entre blockbusters, réalisateurs de prestige ou encore coups de cœur des 80's babies, il y en aura pour tous les goûts. Et alors que le Festival de Cannes entame sa 72e édition ce mardi 14 mai 2019, certains longs-métrages dérogent à la traditionnelle sortie en salle du mercredi…

 

The Dead Don't Die, de Jim Jarmusch

 

C'est le cinéaste américain Jim Jarmusch qui lance cette année les festivités sur la Croisette. Et pas besoin d'être à Cannes pour découvrir le film d'ouverture du festival, puisque son The Dead Don't Die sort simultanément en salle dans toute la France ce mardi 14 mai 2019 ! Les amateurs de comédie horrifique vont se régaler avec ce film de morts-vivants déluré. Mais pas que. Nul doute que son casting 5 étoiles — Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton, Chloë Sevigny, Steve Buscemi, Danny Glover, ou encore… Iggy Pop ! — saura attiser la curiosité des plus frileux.

 

L'histoire se déroule dans la ville paisible de Centerville, avec ses 700 et quelques habitants, son sobre motel, son diner familial et ses shérifs ingénus. Une bourgade américaine qui ne connaît que la routine, donc… jusqu'à ce que l'impensable se produise. Les morts se réveillent, jaillissent de leurs tombes et quittent le cimetière où ils reposaient (en paix ?) pour revenir à la vie. Littéralement. Ces derniers reprennent en effet tranquillement — à allure de zombie — leurs activités de vivants, smartphone à la main, l'envie désespérée de boire une tasse de café ou un verre de Chardonnay. Rien de bien méchant, si ce n'est pour leur fâcheuse manie de s'attaquer aux individus de sang chaud et dévorer leur chair. Reste alors plus qu'une chose à faire : la chasse aux revenants est ouverte !

Séduis-moi si tu peux !, de Jonathan Levine

 

D'un côté nous avons Charlotte, la secrétaire d'État d'un président américain imbécile et imbu de sa personne, qui compte bien changer la donne en se lançant elle-même dans la course à la présidentielle. Et de l'autre, Fred, un journaliste grande gueule dont les convictions le poussent à démissionner lorsque son magazine se fait racheter par un magnat immoral. Lorsque les deux, qui se connaissent depuis l'enfance, se croisent à l'occasion d'une soirée, ils y voient une belle opportunité de travailler ensemble sur la campagne. Mais voilà. Le problème c'est, qu'en soi, tout les oppose. Elle évoluant avec stature dans un milieu politique bourré de codes, lui se pavanant maladroitement en survêt, un pochon de weed toujours dans la poche. Et pourtant, le charme ne va pas tarder à opérer… Au grand dam, donc, de l'entourage de la candidate.

 

Charlize Theron et Seth Rogen forment ici une paire peu ordinaire pour le grand écran hollywoodien, à l'affiche d'une Rom-Com qui l'est encore moins ! C'est que Séduis-moi si tu peux ! n'est pas qu'un film sentimental, derrière son histoire à l'eau de rose se cachant une vraie satire du monde actuel. Il n'y a qu'à voir le personnage du chef d'État américain, interprété avec brio par Bob Odenkirk (le fameux Saul Goodman de Breaking Bad et de son spin-off, Better Call Saul), qui n'est bien sûr pas sans rappeler l'actuel occupant du bureau Oval… Et si la politique, ou notamment la question de l'environnement, très présente dans le film, vous dépasse, allez-y ne serait-ce que pour les rires. Ils ne manquent pas dans ce qui reste, avant tout, une bonne comédie.  

Douleur et gloire, de Pedro Almodóvar

 

Réglé comme un horloge, Pedro Almodóvar revient, trois ans après Julieta, pour nous présenter son 22e long-métrage. Et, bien entendu, c'est à Cannes qu'il s'apprête à nous le dévoiler ce vendredi 17 mai 2019. Douleur et gloire, qui met d'ores et déjà la Croisette en ébullition, marque la huitième collaboration entre le cinéaste et l'acteur Antonio Banderas, qui campe ici une version très ressemblante du metteur en scène. La bande annonce du film ouvre d'ailleurs sur une citation : "'Douleur et gloire' est-il un film basé sur ma vie ? Non, et oui, absolument." C'est Almodóvar himself qui donne ainsi la réponse à une question que les spectateurs se poseront sûrement durant la projection : il s'agit d'une autofiction

 

Le portrait d'un réalisateur vieillissant en pleine crise, qui a bien des airs au célèbre cinéaste espagnol et dont l'histoire fait indiscutablement écho avec son propre parcours, personnel et professionnel. Alors qu'il s'enfonce dans la mélancolie, tombant dans le piège de la drogue, ne sachant que faire de sa vie lorsqu'il est dans l'incapacité de tourner, le dénommé Salvador Mallo revisite son passé. Sa mère — un rôle ô combien important qu'il confie à une autre de ses stars fétiches, Pénelope Cruz —, ses premières amours, les acteurs qu'il a croisés tout au long de sa carrière… "Clairement c’est un film qui démarre avec moi", confie Almodóvar à Variety : "Mais au fur et à mesure, c’est devenu un film comme tous les autres. Vous ne pouvez pas prendre celui-là littéralement, même si j’ai moi-même traversé les épreuves du personnage (…) et que je les connais en profondeur." Une sorte de faux biopic, donc, qui quoi qu'il en soi ne manquera pas de faire l'événement sur le tapis rouge cannois.

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