Pourquoi faut-il écouter "The Pursuit Of Momentary Happiness" de Yak ?

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Clara Lemaire

08 février 2019

Trois ans après l’excellent “Alas Salvation”, les Londoniens de Yak sont enfin de retour avec "The Pursuit Of Momentary Happiness", un deuxième LP féroce. Probablement le premier vrai disque rock’n’roll de 2019. On vous explique pourquoi il faut tout de suite aller l’écouter !

 

2015, Yak débarque avec ses premiers titres rageurs, Hungry Heart, Plastic People, No, avant de sortir un premier LP un an plus tard qui mettra tous les amateurs de rock à guitares d’accord. Depuis, on n’avait pas vraiment de nouvelle. Et pour cause, Oli Burslem était en train d’accoucher du deuxième album, “The Pursuit of Momentary Happiness”, dans la douleur.

 

Un disque urgent

 

Émigré à Tokyo pendant un temps pour trouver l’inspiration, le leader de Yak - et sosie de Mick Jagger - lutte. Tellement, qu’il finit par retourner en Angleterre pour capturer la force créatrice qui l’avait fait tourbillonner jusqu'au sommet lors de la composition d’"Alas Salvation". Seulement voilà, il est complètement fauché. Il n’a plus de logement et doit dormir à l’arrière de son break Citroën. Il explique :  “Je vivais à l’arrière de ma voiture, sans un centime. Je devais mettre tout l’argent que l’on avait du label dans le groupe. J’avais vraiment l’impression que c’était notre dernier album et qu’on devait tout donner.” Pris à la gorge, la situation lui inspire le premier single, Bellyache. “If you’re going for broke just make sure you don’t choke” (“Si tu dois être fauché, assure-toi juste de ne pas t’étouffer”), chante-t-il.

Si pour beaucoup d’entre-nous cet épisode aurait été traumatisant, Burslem, lui, a trouvé l’aventure bien “amusante”. “C’est sympa de repousser ses limites. Je peux dire maintenant que j’en ai rien à foutre de ce que les gens pensent. Parce ça raconte cette période, c’est honnête et vrai, et je n’aurais pas pu faire ou donner plus”, ajoute-t-il. Une urgence que l’on ressent sur des morceaux comme Pay Off Vs The Struggle, ou bien la très punk White Male Carnivore, où Olie Burslem déverse ses couplets avec une hargne contagieuse. Sur ce deuxième album, Yak est plus que jamais investi d’une mission, d’une rage quasi divine qui les a sauvés et leur a permis de sortir de la tempête.

 

La patte de Yak toujours présente

 

Et même complètement paumé, le trio réussit à garder le son enflammé de ses débuts, sans pour autant être une pâle copie de lui-même. Un tour de force qui n’est pas à la portée de tout le monde après un premier album. Il suffit d’écouter les brûlots nerveux Fried ou Blinded By The Lies pour s’en rendre compte.

Aux riffs garage bouillonnants viennent s’ajouter des guitares fuzz qui apportent une nouvelle strate au son de Yak : la touche psyché. Pas étonnant lorsque l’on sait que les albums “Innerspeaker” de Tame Impala et “Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space” de Spiritualized sont deux influences majeures de ce deuxième effort. On pense également à Primal Scream sur la parfaite petite Interlude et ses cuivres grandioses, ainsi que sur l’enivrante Laying It On The Line. Mais Yak côtoie aussi allègrement la ballade sur des titres soyeux tels que This House Has No Living Room, Words Fail Me, Encore ou bien la chanson éponyme. Des concentrés de douceur rock comme on aimerait en entendre plus souvent. Alors, on ne vous dit plus qu’une seule chose : jetez-vous corps et âmes sur cet album.

 

Sortie le 8 février (Caroline International)

En concert à Paris à la Maroquinerie le 19 février et en France dans le cadre des Nuits de l’Alligator. Toutes les dates ici. 

 

Tracklist ;

 

‘Bellyache’

‘Fried’

‘Pursuit Of Momentary Happiness’

‘Words Fail Me’

‘Blinded By The Lights’

‘Interlude’

‘White Male Carnivore’

‘Pay Off VS. The Struggle’

‘Encore’

‘Layin’ It On The Line’

‘This House Has No Living Room’ (Featuring J.Spaceman)

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