The Psychotic Monks, "fort dans le volume et l'émotion"

©The Psychotic Monks

Clara Lemaire

11 septembre 2018

Indice chez vous : ils ont mis une belle claque au public de Rock en Seine le samedi 25 août. Ils sont jeunes, talentueux, ils font de la musique qui dégage les oreilles et font partie des espoirs les plus réjouissants du rock français. Ce sont, ce sont… Les Psychotic Monks ! Pour en savoir un peu plus sur eux, nous leur avons proposé de jouer à notre Interview Pioche. Une carte par personne, tirée au sort, mais les plus inspirés peuvent intervenir dans la réponse. C'est parti !

D’où venez-vous et qu’y a-t-il de mieux à propos de votre ville ?

Arthur : On vient de Saint-Ouen. Ce qui est cool là-bas c’est qu’on peut encore y trouver une diversité culturelle et parfois des rapports doux entre les êtres, ce que tu ne trouves plus forcément ailleurs. Après ils sont passés à droite et ils coupent toutes les subventions à la culture. Je commence à avoir un peu honte d’y être mais c’est une ville qui a une super histoire, surtout pour des gauchistes comme nous !

De quoi aimes-tu parler dans tes chansons ?

Paul : On écrit un peu tous. Personnellement, je ne sais pas si j’aime parler de choses, ce sont plus des envies. Globalement ça se ramène vachement à moi (rires). Des émotions, des sensations en tout genre, de l’amour et des relations que j’ai avec les gens et avec moi-même. C’est vachement égocentrique tout ça ! J’aimerais bien réussir à raconter des histoires, mais j’ai encore du mal à trouver la forme.

Décris ta musique.

Arthur : En ce moment il y a un terme que j’aime bien, c’est "post-George Orwell"...

Martin : On a un très bon ami qui décrit notre musique en disant que c’est de la "folk post-apocalyptique" ! Ça nous va plutôt bien.

Paul : Tu te mets forcément dans des cases quand tu décris ta musique. C’est souvent plus sympa de voir comment les gens la ressentent et à quoi ils l’identifient plutôt que de le faire nous.

C’est comment sur scène ?

Paul : C’est haut ! (rires) C’est fort dans le volume et dans l’émotion. C’est libérateur car c’est toujours très puissant.

Un rituel avant de jouer ?

Clément : En fait ça change un peu tout le temps. Souvent quand j’arrive derrière la batterie, je me concentre sur les sensations que j’ai à ce moment-là. Et c’est souvent les mêmes, donc ça me fait du bien.

Arthur : On trouve ça un peu asphyxiant de se faire un câlin forcément avant chaque concert. On est comme un couple, donc parfois on a besoin d’air. Chaque personnalité a besoin d’être respectée dans son mood du moment, donc on se laisse tranquille. Mais juste un contact physique histoire de voir que l’autre est bien là, ça ça nous arrive.

Ton album préféré de tous les temps et pourquoi ?

Martin : Je crois que si je devais me retrouver complètement perdu sur une ile déserte avec un disque ce serait le best of de George Brassens que j’écoutais quand j’étais petit, parce qu'on y trouve tout. On peut écouter ses textes à l’infini et y trouver énormément de choses. Il dépeint à peu près toutes les émotions. C’est un vrai punk ! Sinon je dirai aussi "Meddle" de Pink Floyd parce que c’est celui que j’écoute avec autant de plaisir depuis le plus longtemps et dont je ne me suis pas encore lassé.

Clément : Moi c’est "Push The Sky Away" de Nick Cave, parce que quand je me réveille le matin et que je mets ça, je me dis "ça va aller !" (rires)

Si tu pouvais inviter un artiste ou un groupe sur scène ?

Arthur : Ça serait éventuellement – mais il est mort – le poète allemand Rainer Maria Rilke. Histoire qu’il récite un peu de poésie pendant que nous on fait des improvisations chaotiques. Mais c’est un peu ambitieux (rires).

Clément : Moi ça serait Iggy Pop pour que ça me mette dans une transe de ouf !

Paul : Avoir un Nick Cave qui soit avec nous…

Martin : Demander à Gustave Mahler de faire un réarrangement de tous nos morceaux et qu’on puisse jouer avec un orchestre symphonique. Ça serait pas mal ! (rires)

Vous aimez jouer en festival ?

Martin : Honnêtement, les festivals, c’est pas ce que je préfère. C’est souvent les conditions  les plus difficiles pour nous par rapport à la musique qu’on fait. Ça marche beaucoup mieux dans des lieux fermés, dans le noir et pas forcément en plein air quand il fait jour. J’aime beaucoup la proximité avec les gens aussi. Mais j’aime le défi de jouer en festival, où les gens ne sont pas forcément venus pour te voir.

Clément : C’est cool que les programmateurs nous donnent cette chance-là quand même, car on n’est pas le groupe qui ramène le plus de monde et on ne fait pas la musique la plus accessible.

©Christophe Crénel

Une anecdote marrante sur ton groupe ?

Paul : Alors des anecdotes j’en ai plein, des marrantes je ne sais pas ! Je dirais le deuxième soir de notre tournée en Italie en décembre dernier. On s’est retrouvés dans un bar avec un patron un peu douteux qui voulait absolument nous bourrer la gueule après le concert. Il nous a dit "Buvez, ou je ne vous paye pas !" avec le sourire. Donc on s’est sentis un peu obligés. Mais ça annonçait toute cette tournée en Italie, un peu particulière !

Quels sont vos projets  ?

Clément : Je crois que le projet qui me tient le plus à cœur pour le groupe en ce moment c’est faire ce deuxième album (prévu pour 2019, ndlr.) et qu’on arrive  à atteindre ce truc mystique qu’on cherche depuis longtemps. Mais qu’on n’atteindra pas, car il en faut des albums pour y arriver ! Au moins qu’on s’en rapproche au maximum. Et on a une grosse tournée en Allemagne prévue aussi.

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