On y était : la messe spectrale de Ghost au Zénith de Paris

© Mikael Eriksson

Clara Lemaire

08 février 2019

Après avoir passé une tête au Download Paris l’année dernière pour présenter "Prequelle", Ghost était de retour chez nous ce jeudi 7 février avec "A Pale Tour Named Death", un show dantesque. Probablement le concert de metal le plus attendu de ce début d’année. On y était, on vous raconte !

 

20H30, le Zénith est blindé. Dans la fosse comme dans les gradins, ils sont déjà nombreux à trépigner d’impatience, leur t.shirt Ghost sur le dos. Même les plus petits - casque de protection auditive autour du cou - ont fait le déplacement avec leurs parents. Pour nous faire patienter, le groupe a choisi ses top titres Spotify, Klara Stjärnor, un morceau du pianiste suédois Jan Johansson, ainsi que Miserere Mei Deus, une prière catholique du prêtre et compositeur italien, Gregorio Allegri. Ambiance !

 

Un quart d’heure plus tard, c’est sur l’intro glaçante de "Prequelle", Ashes, que les Goules sans nom font leur entrée, suivies du Cardinal Copia, qui les rejoint dès les premiers riffs de Rats. Extatique, la fosse se presse encore un peu plus vers les barrières tandis que les gradins se lèvent en moins d’une nanoseconde. Les fidèles sont prêts pour la grand-messe du Cardinal, très classe dans son costume noir. Amusé, il lance un “Bonsoir Paris” à la foule qui lui répond en un doux cri guttural, les cornes bien hautes.

Dans son décor d’église, le groupe embraye avec quelques-uns de ses meilleurs morceaux, Absolution, Ritual, Con Clavi Con Dio, Per Aspera as Inferi ou bien encore Pro Memoria. Mais si le Cardinal Copia est bien évidemment la "Popestar" du spectacle, il n’en laisse pas moins la place à ses Goules musiciennes. On retiendra notamment Devil Church qui a vu s’affronter dans un duel endiablé le guitariste soliste et le guitariste rythmique, Jigolo Har Megiddo en version acoustique et bien sûr Miasma, l’excellente instrumentale de "Prequelle" avec Papa Nihil en guest au saxo.

Un spectacle en deux actes

 

Après Life Eternal, où les flammes de briquets et les torches de portables se sont fait la guerre pour savoir lesquels brilleraient le plus dans le noir, surprise. Le groupe se retire de scène pour se préparer pour le deuxième acte du concert, laissant un entracte de 15 min aux spectateurs. Un code tiré du théâtre, mais surtout une bonne façon de rappeler aux détracteurs que Ghost est avant tout là pour donner un show, pas pour boire le sang des chatons.

 

C’est un Cardinal paré de son plus beau costume ecclésiastique rouge qui revient sur scène quelques minutes plus tard pour entonner ses derniers psaumes : Spirit, From The Pinnacle To The Pit, Majesty, Satan Prayer, Faith, Year Zero… Mais aussi If You Have Ghosts, la reprise de Roky Erickson présent sur le tout premier EP du groupe, qui lui permet de rendre hommage à ses goules et goulettes.

Puis en un riff, tout bascule. L’antre de Satan, jusqu'alors plutôt sobre, se mue en un dancefloor géant. Le nom de cette hérésie ? Dance Macabre. Le titre que tous les fans adorent détester. Le titre damné qui est bien la preuve que Ghost a vendu son âme au diable du commercial. Pourtant, partout dans la salle, c’est la boum du samedi soir, et les spotlights couleur licorne nous sont envoyés droits dans la face. Square Hammer, puis Monstrance Clock en rappel, remettent les pendules à l’heure. 23h30, le glas sonne. Après 2H30 de show, le Cardinal Copia et ses Goules sont ovationnés par presque 7 000 personnes debout. All hail Ghost !

 

Setlist

 

ACTE 1 :

 

Ashes / Rats / Absolution / Ritual / Con Clavi Con Dio / Per Aspera ad Inferi / Devil Church (incl. Guitar duel) / Cirice / Miasma / Jigolo Har Megiddo / Pro Memoria / Witch Image / Life Eternal

 

ACTE 2 :

 

Spirit / From the Pinnacle to the Pit / Majesty / Satan Prayer / Faith / Year Zero / Spöksonat / He Is / Mummy Dust / If You Have Ghosts / Dance Macabre / Square Hammer // Monstrance Clock

© 2018 WeAreThe80sBabies