Foals : Que vaut "Everything Not Saved Will Be Lost Part 1" ?

©Alex Knowles / DR

Clara Lemaire

13 mars 2019

Quatre ans après l’impérial "What Went Down", Foals est enfin de retour avec "Everything Not Saved Will Be Lost", un album en deux parties, dont la première est sortie ce vendredi 8 mars. Une annonce qui avait réjoui les fans de la première heure, et effrayé les plus sceptiques. Mais les Britanniques ont une nouvelle fois réalisé un tour de force.

 

Peu de groupes, il est vrai, ont réussi à sortir des double-albums réussis. On pense notamment au très inégal "Opposites" de Biffy Clyro ou bien au naufrage "Uno! Dos! Tré!" de Green Day qui a vu Billie Joe Armstrong partir direct en désintox après un pétage de plomb mémorable. Alors, lorsque Foals s’est mis bille en tête de sortir un disque en deux parties, il a divisé. Car lorsqu'un groupe n’arrive pas à choisir ses chansons,  il faut se rendre à l’évidence, l’album est bien souvent insignifiant. Le navire Foals allait-il sombrer avec cette extravagance ? La réponse est non. Du moins pour cette première partie, tout simplement parfaite du début à la fin.

Des maîtres dans l’art des mélodies

 

C’est avec Moonlight que le quatuor ouvre ce LP. Un titre à l’intro vaporeuse, un peu comme lorsque l’on a trop dormi, que les yeux sont collés et que la bouche est pâteuse. Foals prend le temps de s’étirer lentement et de se réveiller tout en douceur, avant d’envoyer ses nappes électriques sur Exits, premier extrait de l’album dévoilé plus tôt cette année. Un titre qui s’envole progressivement avec ses choeurs hantés et qui rassure : le son de Foals lui, est toujours là, bien ancré.

Alors que White Onions renoue subtilement avec le côté math rock qui avait révélé le groupe à ses débuts sur “Antidotes”, In Degrees et ses beats house à la LCD soundsystem invite à danser frénétiquement (malgré le thème lourd du réchauffement climatique). Tout comme On The Luna, et son esprit My Number, gai comme un pinson. Passé maître en l’art des mélodies, Foals envoûte avec la basse groovy et le riff sexy de Syrups, puis subjugue sur Cafe d’Athens. Un morceau né des expérimentations électroniques de Yannis Philippakis, sublimé par des parties au marimba, au xylophone et au vibraphone. Une toute nouvelle perspective sonore pour Foals, absolument réussie.

Plus de tendresse

 

Passé l’interlude de Surf, pt. 1 - un extrait en exclu de “Part 2” - Sunday vient illuminer la fin du disque. Un morceau touchant, où Philippakis se met dans la peau d’un jeune homme qui voit la fin du monde approcher. “When all is said and all is done / Our fathers run and leave all the damage / They've done behind”, chante-t-il, résigné ("Quand tout a été dit et tout a été fait / Nos pères s’enfuient et laissent tous les dégâts / qu’ils ont faits derrière eux"). Et lorsque l’on pense que la chanson n’a jamais été aussi belle et aussi bien produite, Foals surprend encore avec une puissante rupture de tempo - une marque de fabrique chez nos amis Anglais - taillée pour le dancefloor, qui risque d’en mettre plus d’un K.O en live. Sans aucun doute le petit bijou de cet album.

Puis, tel un bon film qui s’achève, Foals lance le générique de fin avec I’m Done With The World (& It’s Done With Me). Une douce chanson dont les paroles ont été soufflées à Philippakis par un renard blessé, trouvé dans son jardin lors d’une journée d’automne. Le parfait cliffhanger pour la deuxième partie de "What Will Not Be Saved, Will Be Lost" qui arrivera, devinez quoi, à l’automne prochain.

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