Fête de l'Humanité 2018 : notre (double) Top 3 des concerts

© Jessica Rat / 80's Babies

Clara Lemaire & Jessica Rat

17 septembre 2018

Pour bien commencer la rentrée, 80’s Babies est allé faire un petit tour du côté du Parc de la Courneuve, où se tenait comme chaque année la Fête de l’Huma. Un festival un peu particulier puisque, organisé par le célèbre quotidien communiste L'Humanité, il allie à la fois rencontres, débats, expos, gastronomie, mais surtout (pour une bonne partie des visiteurs) musique et concerts. Une programmation ultra éclectique allant de NTM à Franz Ferdinand, en passant par Bernard Lavilliers ou bien encore Catherine Ringer. Et chez les Babies, c’est le clash ! On n'a pas réussi à se mettre d’accord sur les meilleurs live du week-end. C'est pourquoi on vous livre, Clara Lemaire d'un côté du ring, Jessica Rat de l'autre, nos Top 3 respectifs !

Médaille de bronze

 

Franz Ferdinand

Dans cette programmation très variée, les amateurs de rock n’ont pas eu grand-chose à se mettre sous la dent niveau tête d’affiche, mais ils ont tout de même eu le droit à une valeur sûre : Franz Ferdinand. Habitués des festivals en France, les Écossais sont venus passer une tête à la Fête de l’Huma pour clôturer la soirée du samedi, et on ne vous le cache pas, ça nous a fait plaisir. Car avec eux, jamais de mauvaise surprise. Le secret réside principalement dans la pelletée de tubes à leur actif : Love Illumination, Lazy Boy, No You Girls, Do You Want To, sans oublier l’incontournable Take Me Out, qui a réveillé la fosse un peu trop endormie. Malgré tout, Alex Kapranos – en grande forme – a fait son petit show habituel, s’adressant à la foule en français la plupart du temps. Le batteur Paul Thompson, qui fêtait ses 42 ans ce soir-là, a même eu le privilège de se faire chanter un "Joyeux Anniversaire" par les fans. Bon moment, bonne ambiance !

Soviet Suprem

Prenez le rap musette du chanteur de Java, R.wan, et la variété tsigane de celui de La Caravane Passe, Toma Feterman, vous obtenez un savoureux mélange aux sonorités electro, hip-hop et balkaniques, sous une étiquette qui ramène au temps de l'URSS : Soviet Suprem. C'est ainsi sans surprise que ceux qui se nomment désormais Sylvester Staline et John Lénine, appuyés par un certain DJ Croute Chef (alias Niko le K), ont enflammé la Petite Scène de la Fête de l'Huma vendredi soir. Venu défendre son dernier album, "Marx Attack", avec toujours autant de dérision, que ce soit dans la prestation scénique que dans les paroles de titres ô combien humoristiques comme Vladimir, le duo a incontestablement marqué la soirée. La foule, survoltée, était telle que l'on se demande d'ailleurs pourquoi nos deux punks soviétiques n'ont pas eu droit à jouer sur la Grande Scène — d'autant qu'ils y avaient déjà rencontré un fort succès lors de leur première venue au Parc de la Courneuve en 2015, après la sortie de leur premier album "L'Internationale"… Mais on ne va pas trop chipoter, la fête n'en a été que plus folle !

Médaille d’argent

 

Bigflo et Oli

Vous n’avez sans doute pas échappé à leur deuxième album, "La Vraie Vie", rempli de tubes : le méga carton, Dommage, qui squatte les ondes radio depuis près d'un an, ou bien encore Papa, en featuring avec leur père, le chanteur Argentin Fabian Ordonez. Eh bien pour couronner le tout, les deux frangins originaires de Toulouse sont vraiment très doués pour le live. Ils sont aussi à l’aise devant des milliers de festivaliers que s’ils étaient en famille. Sur scène d’ailleurs, c’est leur Vie Normale qui est représentée : une maison, un arbre, un banc, une table pour boire un petit café… Avec Bigflo et Oli, pas de chichi, pas de grosse tête, juste du partage et une belle communion avec leur public. Jolie surprise également lorsque leur père, qui joue à l’Huma depuis 18 ans est venu partager la scène avec ses fistons. "Vous n’avez pas réussi tant que vous n’avez pas joué sur la grande scène de l’Huma", leur avait-il dit au début de leur carrière. C’est désormais chose faite, bravo les gars !

Femi Kuti

Son père était entré dans les annales ici, offrant un concert historique à La Fête de l'Humanité de 1986. En tant que digne héritier, tant dans les rythmes endiablés de son afrobeat que dans ses paroles empreintes de militantisme, c'est tout naturellement que Femi Kuti est venu à son tour cette année pour défendre son nouvel album, "One People, One World". Et c'est tout naturellement que les programmateurs lui ont réservé une place de choix, à savoir l'honneur de lancer les festivités musicales dans le parc de La Courneuve ce vendredi à 17h. Le public était au rendez-vous, et le musicien nigérian n'a pas déçu. Entouré de son orchestre, The Positive Force, sans oublier ses trois sublimes danseuses et choristes, le fils aîné de Fela a encore une fois donné de toute sa personne — aussi déchaîné sur les pas de danse qu'infatigable sur les notes de saxophone — pour assurer une performance brûlante. Il n'a pas oublié, aussi, d'inviter son propre fiston, Omorinmade, sur le devant de la scène pour jouer à ses côtés. Un moment des plus touchants qui prouve une fois pour toute que la musique, c'est une affaire de famille chez les Kuti.

Médaille d’or

 

Jeanne Added

Chaque artiste programmé en début d’après-midi dans un festival le sait bien : le public va être dur à chauffer. Il est encore groggy de la veille, affalé dans l’herbe, pas vraiment prêt à danser. Mais c’était sans compter l’énergie communicative de Jeanne Added, venue bousculer la foule de l’Huma avec son électro pop ô combien classe. Sous un soleil de plomb, la jeune femme  a conquis le public avec les meilleurs titres de son premier album (salué par une nomination aux Victoires de la Musique dans la catégorie "Révélation de l’année" en 2016, on vous le rappelle) : War Is Coming, Be Sensational, Look At Them, Lydia, Back to Summer… Mais c’était également l’occasion pour elle de présenter son second disque, "Radiate" sorti la veille. Avec entre autres le merveilleux titre éponyme, le profond Mutate ou bien encore les excellentes Falling Hearts et Before The Sun. Les poils de nos bras ne sont pas encore redescendus. Bref, un triomphe général pour le retour de la chanteuse, et ce n’est qu’un début !

NTM

 

C'était sans doute le concert le plus attendu de cette Fête de l'Humanité. En témoigne le monde qui s'est déplacé sur la Grande Scène pour voir les piliers du rap français — quitte à gâcher un peu le plaisir des fans de la première heure. Devant une foule (trop) compacte, et il faut dire pas aussi chaude qu'on l'aurait espéré, Kool Shen et JoeyStarr ont néanmoins fait le show dans les règles de l'art ce vendredi soir. Commençant par l'inévitable On est encore là, les deux quinqua ont prouvé qu'ils étaient toujours prêts à foutre le souk en poursuivant directement avec l'intemporel Qu'est-ce qu'on attend ?. Le Suprême a ainsi enchaîné les tubes — Pass pass le oinj, Tout n'est pas si facile, Pose ton gun, Laisse pas traîner ton fils, Ma benz, That's my people… — comme il a enchaîné les surprises. À commencer par les nombreux special guests qui les ont rejoints sur scène, de Raggasonic aux Sages Poètes de la Rue, en passant par l'incontournable Lord Kossity mais aussi le jeune Sofiane, aux côtés duquel Le Jaguarr et Double O ont présenté — et ça c'était le vrai coup de théâtre— un tout nouveau single. Sorti la veille sur les plateformes de streaming, Sur le drapeau paraîtra le 5 octobre prochain sur le collectif  "93 Empire", mené par le rappeur du Blanc-Mesnil, avant de se glisser probablement sur un nouvel album studio du duo légendaire… On ne sait pas encore si ce retour dans les bacs, annoncé pour 2019, est la meilleure des idées. Mais si ça peut promettre encore des live des infatigables membres du NTM, qui nous ont paru plus complices que jamais à cette Fête de l'Huma, on est toujours preneur !

Voilà pour notre (double) Top 3 ! Mais ce n'est pas tout ! On vous a aussi ramené des photos souvenirs de quelques-uns des concerts qui ont marqué cette nouvelle édition de la Fête de l'Huma... 

© 2018 WeAreThe80sBabies

Bernard Lavilliers