5 questions à MNNQNS

©Christophe Crénel / Rock en Seine

Clara Lemaire

6 septembre 2018

On vous l'a déjà répété à maintes reprises : on croit dur comme fer au succès de MNNQNS. Un groupe post-punk, percutant, dont la musique parlera à tous les amoureux de rock à guitares. Alors on a profité de leur passage à Rock en Seine le 24 août dernier pour leur faire tirer au sort quelques questions dans le temps qui nous était imparti : 10 minutes. C'était bref, mais c'était bien !

De quoi aimez-vous parler dans vos chansons ?

Greg : Alors moi, dans mes chansons j’adore parler de la vie principalement, la vie que je vis en ce moment… (rires) Non, en fait c’est plus Adrian qui écrit les textes, donc je vais lui passer le micro.

Adrian : Non mais c’est de la triche ! Du coup oui, j’écris, mais j’aime parler de rien. Je suis obligé de le faire donc je le fais. Je parle des choses très simples, de ce qu’on a vu et ce qu’on a vécu.

Pourquoi chanter en anglais ?

Adrian : En fait je pense qu’il faut faire la distinction entre ce qu’on aime faire en français, la chanson à texte, et ce qui se fait dans la pop anglaise, où il n’y a pas cette recherche de la poésie à tout prix. C’est une sorte de tradition en France. Moi je préfère me ranger plutôt du côté anglais, car j’aime les chansons pop qui partent d’une chose très simple. Alex Turner d’Arctic Monkeys va te parler de n’importe quoi, de quand il servait des Moscow Mule dans un bar par exemple. Sauf qu’il te le fait avec une série d’adjectifs trop cool qui captivent. C’est beaucoup plus intéressant que la déferlante de fausse poésie qu’on peut avoir en français.

Un rituel avant de monter sur scène ?

Greg : Mon rituel c’est de boire une Leffe Rituel ! (rires) Et de faire un petit câlin à mes camarades. On s’est forcés à en faire un, et personnellement je trouvais ça ultra con à la base. Du coup on l’a fait au départ pour se marrer mais en fait, c’est pas si mal. Parce que tu mets l’énergie au centre et hop, engagement sur scène. Du coup maintenant on garde ce truc un peu con, et tout le monde se fout de notre gueule.

Quelles sont vos influences musicales ?

Félix : Personnellement, je suis plus pop sixties, seventies, côté anglais énormément. Pour les gars ça varie…

Greg : On rejoint Félix, il a raison d’être beaucoup porté là-dessus parce que ça nous influence beaucoup. Les Beach Boys, les Beatles… C’est hyper important pour nous. Mais en même temps il se passe des trucs maintenant avec Idles, Shame, Cabbage, c'est une sorte de renouveau post-punk. Il y a aussi des choses qui nous impressionnent à fond et qui nous influencent dans la belle violence musicale. Comme par exemple Girl Band, Death Grisps, Clipping, mais aussi Andy Shauf, qui est le mec qui joue le moins fort possible, tout le contraire de  nous… En fait tous les artistes dont l’identité est hyper prononcée. Les groupes qui, au mieux, tu les adores et au pire tu te dis, "mais qu’est-ce que c’est que ce truc", et ça te fait réfléchir. J’espère que MNNQNS fait cet effet aux gens.

Adrian : Même dans notre premier album il y a énormément d’influences. On reste un groupe à guitares mais on est partis sur des moments où il y a du clavecin, du violoncelle, une mandoline… Des trucs un peu hors-norme par rapport à ce qu’on pourrait penser pour nous. C’est le produit d’une réflexion sur notre son. C’est important pour être un groupe moderne. Y a plein de gens qui parlent de "revival" mais ce n’est pas le bon terme, c’est plutôt le renouveau, comme expliquait Greg.

Quels sont les projets futurs du groupe ?

Adrian : On sort tout juste d’une session de deux semaines dans la campagne normande où nous avons donc enregistré notre premier album qui sortira au printemps 2019. On voulait rester en famille et faire un truc auto-produit qui nous ressemble, et qu’on n’ait pas de galère avec un technicien son ou un producteur qu'on ne connait pas bien et à qui on doit traduire des idées. On a fait au plus efficace et au plus simple pour nous. Pour un premier disque c’est important d’affirmer son identité, que le son soit clair et net pour qu’on te reconnaisse. En faisant tout ça nous-mêmes, on a facilité cette démarche.

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